Mardi sur son 31 #61

Je vous retrouve aujourd’hui pour le rendez-vous du mardi proposé par Les Bavardages de Sophie !

Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs. J’ai trouvé le concept génial !

Nouvelle lecture pour valider le thème mensuel du P12 livresque avec Un si petit oiseau de Marie Pavlenko !

« – Abi ?
Elle lève les yeux sur un grand type châtain, les cheveux en fouillis, des yeux si noirs qu’on n’en distingue pas la pupille. Souriant. Si souriant.
Elle le connaît, mais d’où ? Le passé est brumeux, emmêlé.
– Euh …
Son anorak est usé, ses baskets sont sales. Elsa hausse les sourcils et le dévisage.
– Vous êtes ?
Bien sûr qu’Abi le connaît !
– Maman, voici Aurèle, on était en primaire et au collège ensemble.
– Aurèle ? balbutie Elsa.
Oui. Bonjour, madame.
Il se concentre de nouveau sur Abi.
– Tu vas bien ?
Elle traque dans son ton la pitié qui sourd de ceux qui savent. Il ne sait pas.
– C’est joli, tes cheveux courts !
Elsa, plantée au milieu de la rue, fait des va-et-vient entre eux, mais Aurèle l’ignore et continue de sourire. Abi s’efforce de l’imiter.
– En fait… je sors de chez le coiffeur.
Il sourit encore.
– Super ! Tu as bien fait. Qu’est ce que tu deviens ? Etudes vétérinaires, je suppose ?
– Bon, on y va, chérie ? intervint Elsa.
– Non, pas véto. J’ai dû … J’ai …
Il se souvient. Par quel miracle ?
– Au revoir, jeune homme.
Elsa entraîne sa fille.
– Au revoir ! Salut, Abi ! lance Aurèle.
– Ça va, chérie ? chuchote Elsa.
– Abi ! Attends !
Aurèle a fait demi-tour, il se hisse à leur hauteur.
– Tu habites toujours le quartier ?
– Non, je suis à Montreuil, maintenant.
– Ah.
Abi le regarde. Ce sourire. Il est inhumain.
– Je n’ai pas pris mon portable, mais … Tu aurais un bout de papier, maman ?
Les mâchoires d’Elsa saillent, elle fouille dans son sac.
Aurèle ne quitte pas Abi des yeux.
Il sourit toujours.
Elsa tend un petit carnet et un crayon doré à sa fille.
De la main gauche, Abi attrape le crayon, le coince entre ses dents, prend le carnet, l’ouvre à deux doigts sur le haut de son bras rigide, le cale, puis se penche ostensiblement pour faire glisser le crayon dans sa main qui tient en même temps le carnet. Elle écrit son numéro tant bien que mal, fourre à nouveau le stylo dans sa bouche et déchire le papier avec maladresse.
Quand elle le tend à Aurèle, il ne sourit plus.
Du tout.
Ses sourcils froncés sont graves.
Il fixe la main de silicone, remonte le long du bras inerte. »

Voici un long extrait d’un livre qui promet d’être difficile, sur le sujet du handicap.

Passer d’un univers riche en descriptions à ce type d’écriture plutôt avare en mot et très directe me perturbe assez. J’espère donc accrocher au roman …

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