Un si petit oiseau de Marie Pavlenko

« Me lever, manger, m’habiller, m’habituer. C’est le cauchemar, tu comprends ? Le cauchemar ! Voir Millie avec ses deux bras, toute pimpante, savoir que mes anciens potes sont tranquillou en train de se poiler à des fêtes, alors que moi, je suis dans cet état, la faute à « pas de chance », c’est dégueulasse et ça me donne envie de cogner, tu comprends ?! De cogner ! »

Synopsis :

Après un accident de voiture qui l’a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l’amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.

Quelques petites infos :

  • Editeur : Flammarion
  • Paru en : 2019
  • Nombre de pages : 385

Mon avis :

      En démarrant ce roman, je m’attendais à un récit poignant sur les difficultés du handicap, du changement de vie, du regard des autres et de l’appréhension de l’entourage face à tout ça. Ce n’est pas exactement ce que j’y ai trouvé …

Si les premières pages qui décrivent l’accident qu’a vécu Abi sont assez violentes, tout le reste du roman est abordé avec humour notamment avec le père et la tante d’Abi qui trouvent dans les blagues lourdes et les discussions franches leur seul moyen de faire face à tout ça. Du coup, j’ai été assez perturbée au départ parce que s’il y a bien une chose que je ne m’attendais pas à faire en tournant les pages de ce livre, c’était bien à rire.

Et puis intervient Aurèle, un ancien camarade d’Abi, par petites touches tout au long des pages. Au départ, j’ai trouvé ça terriblement cliché. Mais Aurèle n’est pas un garçon comme les autres. Il est plutôt renfermé, passionné par les oiseaux, la littérature et tellement d’autres choses qui n’intéressent pas la plupart des ados. Abi, tout comme le lecteur, est doucement attirée par ce personnage qui paraît pourtant distant.

Au fur et à mesure des pages, j’ai compris que si cette histoire n’était pas aussi dramatique que ce à quoi je m’attendais, c’est aussi parce qu’elle ne tourne pas exclusivement autour d’Abi. Il y a un vrai point de vue sur la façon dont l’entourage vit la tragédie ; comment réagir, aider et encourager sans surprotéger, ne pas juger, être fort, ne pas faire de différence et en même temps être obligé de s’adapter pour chaque geste du quotidien … Une fois terminé ce roman, je me rends compte que j’ai finalement beaucoup apprécié ce recul que prenait l’autrice.

Tiraillé entre souffrance, douceur et humour, la découverte de cette histoire empreinte d’amour, d’amitié et d’espoir avec une plume fluide et poétique a été une très belle découverte pour moi.

Ma note :

8/10

« Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le coeur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, ce coeur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire. »

Ce livre a été lu dans le cadre du p12 livresque !

5 réflexions sur “Un si petit oiseau de Marie Pavlenko

  1. Pingback: Bilan mars 2019 | Chroniques de Milleca

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